La notion de « passeurs de cultures » se définie de manière différente et complémentaire, selon les individus et en fonction de la place depuis laquelle nous oeuvrons pour le partage de la culture et des arts.

Pour tenter d’approcher la plus grande diversité des points de vue, nous tentons ici une définition en Kaléidoscope, à multiples facettes. Cette présentation est le fruit de plusieurs entretiens réalisés auprès de certaines et certains compagnons de route et « Passeurs de Cultures ».

  • « Un Passeur de cultures est celui qui transmet son humanité expérimentée et vécue. L’artiste est un passeur. Quelqu’un qui n’est pas spécialisé dans les techniques de la médiation culturelle. Ce fonctionnement a été largement développé depuis les années 80. Il a eu une utilité, mais montre aujourd’hui ses limites. Un passeur de cultures mobilise des zones sensibles et des compétences. Il met la dimension sensible au cœur de son travail, même en tant qu’opérateur. Des dossiers et des phrases bien formulées ne suffisent pas pour déclencher le partage de la culture. Il interroge les modalités de ce passage par une réflexion attenante à toute action menée ».
  • « Il n’y a pas une culture à passer mais une multitude de cultures qui appartiennent à chacun. Le mot de passeur sous-entend l’idée d’une personne qui détient quelque chose. Chaque personne a la même capacité à se prévaloir d’expériences. Nous avons une capacité à découvrir des choses tous les jours et son ignorance. L’objectif est de partager plus que de passer. »
  • « La culture a une valeur politique, sociale et économique qui donne un statut à certaines personnes. Le passeur de cultures ne doit pas chercher à créer un statut mais les conditions de la rencontre. Il est un facilitateur d’expériences. « 
  • « C’est une personne, une structure ou un groupe de personnes qui détient une richesse (un savoir, une tradition, un appétit à découvrir…) et qui est animé par l’idée de la partager, de la transmettre.
  • Pour un passeur de cultures, il est aussi indispensable de s’enrichir de son environnement et des rencontres qu’il suscite, qui le nourrissent, que de transmettre ce qu’il sait, ce qu’il peut. »
  • « C’est une personne qui a le goût des autres, qui est capable de se gommer, de s’effacer devant ceux qui doivent se rencontrer. Si cette personne se met à exister, elle va entamer les autres. De la même manière qu’en amour ou en amitié, l’autre a plus d’intérêt que soi-même. Le passeur de cultures est un médium, un transmetteur de cultures. Chaque personne est dans un isolement intime. L’échange se fait singulièrement et chacun amène quelque chose de lui-même. »
  • « Être « Passeur de cultures », s’est co-réaliser une œuvre avec le public, qui devient acteur. La parole singulière et les savoirs des personnes rencontrées dans le cadre du projet, sont reconnus comme appartenant à un patrimoine commun, à partager. Le passeur vient révéler ces richesses, les capte, les accompagnent et les relie à des valeurs universelles (patrimoine oral, cultures immatérielles,  …), en tentant de favoriser les échanges entre elles ».
  •  » Il y a deux réponses possibles parce que deux interlocuteurs : Un passeur est une personne qui partage un savoir dans une relation réciproque. Aussi, un Passeur de cultures transmet, c’est une relation à sens unique et c’est une chaine. Chaque personne reçoit quelque chose, se l’approprie et en fait quelque chose de nouveau. »
  • « C’est un maillon. Nous sommes tous porteurs de culture, médium, lien. Il ou elle doit assumer sa position professionnelle, spirituelle, intellectuelle et essayer de la faire partager. Cette passion mérite d’être partagée tout en gardant beaucoup d’humilité nécessaire « C’est juste de la danse, mais c’est toute ma vie ». Cette passion est modeste, comme peut l’être un coucher de soleil, qui a lieu tous les jours et pourtant peut être magique à chaque fois, si on sait le regarder. »
  • « Les passeurs de cultures permettent l’expression de tous ceux qui le souhaitent dans leur diversité pour s’enrichir mutuellement, se comprendre et découvrir un peu plus le mystère du monde et de la vie.
  • « C’est quelqu’un qui a la préoccupation permanente d’associer à la production d’une œuvre ou d’un évènement, les forces vives d’un territoire pour lui faire partager, non seulement le « produit fini », mais aussi toutes les phases de production et de réalisation. Mieux informés, mieux éduqués, le public  développe un esprit critique et peut faire  des choix  culturels plus personnels. »
  •  « C’est un catalyseur de rencontres et de liens avec la population pour qu’il se vive, se fasse, se rêve des choses ensemble avec et dans la différence. C’est mettre en place des dispositifs qui permettent aux gens de partager leur culture avec d’autres. L’art est un catalyseur entre les personnes, une introduction à l’échange. »
  •  « C’est un guide, un accompagnateur. Un passeur de culture, c’est un artisan qui accompagne des personnes dans la transmission. Son rôle permet de favoriser la connaissance de projets culturels. C’est aussi un provocateur de rencontre entre acteurs de la culture, entre artistes et un public, ou encore entre initiés et non initiés… Un passeur de culture agit donc pour établir un pont et un dialogue entre différents publics afin de sensibiliser à la culture, de découvrir et partager des potentiels culturels et artistiques. Quelqu’un qui contribue à faire échanger des personnes de cultures différentes et leur permettre de se comprendre réciproquement. »
  •  « Ce n’est pas une entreprise culturelle qui fabrique des spectacles. »
  • « Le passeur de culture propose une barque pour aller du monde réel à la poésie. Il construit un bateau, mais le plus important et le plus passionnant, c’est le temps du voyage. Les artistes eux aussi sont dans le monde réel mais leur place, socialement, est de permettre cette traversée. « 
  • « C’est celui ou celle qui crée des liens,

    qui unit l’intériorité à l’extériorité, qui unit l’art ou un héritage culturel au monde »